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Peur primale et autres récits et L’île du bout du monde et autres univers de LANCELOT CANNISSIE : résumés

Bonjour à tous,

récemment pour donner encore un peu  plus de
visibilité à mes œuvres et tenter de convaincre
un potentiel lectorat, j’ai eu l’idée de vous
concocter quelques résumés sur chacune des nouvelles
qui composent mes ouvrages afin que vous puissiez
avoir un aperçu de ce qu’elles racontent.
Je vous partagerai donc ici celles de
« PEUR PRIMALE ET AUTRES RÉCITS » ainsi que celles de
« L’ÎLE DU BOUT DU MONDE ET AUTRES UNIVERS »

En espérant que ceci retiendra votre attention, je vous
souhaite une bonne lecture des résumés.

PEUR PRIMALE ET AUTRES RÉCITS

 

Peur primale 2

Le cercle des loups 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grenier interdit 2Carnival massacre 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ÎLE DU BOUT DU MONDE ET AUTRES UNIVERS

 

L'île 2La montagne aux mille yeux 2Au-delà de l'azur 2La malédiction des abysses 2

 

 

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Dans l’abîme du temps – H.P Lovecraft

Après vingt-deux ans de cauchemar et d’effroi, soutenu par la seule conviction que certaines de mes impressions sont purement imaginaires, je me refuse à garantir la véracité de ce que je crois avoir découvert en Australie-Occidentale dans la nuit du 17 au 18 juillet 1935. J’ai de fortes raisons d’espérer que mon aventure appartient au domaine de l’hallucination. Néanmoins, elle fut empreinte d’un réalisme si hideux que, parfois, tout espoir me paraît impossible.

Voilà quelques lignes qui résument parfaitement l’histoire derrière l’abîme du temps, où rêve et réalité, passé et futur semblent se chevaucher de manière déroutante. On y suis le personnage de Nathaniel qui pendant une longue période d’amnésie, se voit endosser le rôle d’un curieux personnage venu d’un âge lointain entre ici et ailleurs. Les étranges visions auxquelles il est soumis dérouteraient plus d’un et cela à juste titre.

Le détail des scènes, les architectures, les lieux sont d’un réalisme pour moi déconcertant. On pourrait presque penser que l’auteur relate ici des faits d’une troublante véracité, au point de se demander où se situe la limite avec la fiction.

J’ai vraiment adoré lire cette nouvelle qui m’a fait voyager aux confins de l’horreur dont Lovecraft sait se jouer avec brio. Je ne peux que vivement le conseiller pour tous ceux qui aiment le genre.

Une semaine, un extrait part 2

Bonjour à tous !

Pour l’extrait de cette semaine j’ai choisi la nouvelle Le cercle des loups, toujours tiré du recueil de Peur primale et autres récits.

Je vous souhaite une bonne lecture

Le cercle des loups, extrait :

Rudy se leva vers dix heures du matin avec un énorme mal de crâne et un drôle de goût dans la bouche. Il sortit de son lit et se rendit à la salle de bain où il se regarda dans le miroir. Du sang avait coulé puis séché sur le coin de ses lèvres. La chose le stupéfia. Il se demanda d’où pouvait bien provenir ce sang mais il ne se rappelait même pas de ce qu’il avait fait la veille ; dans son esprit un vrai trou noir, le néant. Il tenta tout de même de se remémorer la journée d’hier mais sans grand succès. Tout ce dont il se souvenait, c’était qu’il avait été attaqué par un loup qui s’en était pris à l’un de ses moutons. Il était tellement plongé dans ses pensées qu’il remarqua bien tard l’énorme tâche de sang sur sa belle chemise bleue et blanche à carreaux. Il voulut savoir d’où provenait également tout ce sang puis par peur de la réponse, il s’en abstint.

Il s’empressa de mettre sa chemise à la machine, décida qu’il valait mieux oublier cette histoire. Et puis ce n’était sûrement rien de grave, peut-être le sang du mouton qui avait été tué. Il prit sa douche puis descendit prendre son petit-déjeuner. Après qu’il eut fini, il partit mener son troupeau en pâture à quelques lieux de là. Il observa un instant les alentours puis hurla :

« si tu oses venir, je te bute ! » à qui voudrait bien l’entendre mais il s’adressait surtout au loup, cette bête maudite.

Il remplit l’abreuvoir puis décida d’aller faire un petit tour en ville. Il se promena tranquillement, fit le tour des magasins et s’acheta même quelques habits avec l’argent de ses économies. Il salua Madame d’Auvergna la boulangère et commanda deux, trois croissants et un petit café qu’il but, assis sur un banc dans le parc d’en face. Il avait l’air si paisible quand tout à coup, sans pouvoir s’expliquer pourquoi, il ressentit comme une certaine anxiété. Son bras commença même à le démanger sérieusement et il ne pouvait s’empêcher de se gratter. Il avait comme une désagréable intuition ; l’intuition que quelque chose de mal se tramait mais sans pouvoir dire quoi. Il termina son petit déjeuner improvisé puis se leva.

*

Rudy se surprit à accélérer le pas, la boule au ventre. Il entendit un bruit assourdissant juste derrière lui et se retourna brusquement pour voir d’où cela venait, le regard plein d’effroi. Il fut soulagé de constater que tout ce vacarme avait été provoqué par un chat caché derrière les poubelles. Cependant, il n’était toujours pas rassuré, il sentait comme une ombre néfaste planer autour de lui. Il pressa le pas quand il fut soudain accosté par trois loubards. L’un d’eux, le plus costaud tenait une grande barre de fer entre les mains quant aux deux autres, ils étaient munis de canifs et de couteaux. Ils encerclèrent Rudy et l’un d’eux lui lança : « il se fait tard pour traîner en ville, cul-terreux. Ne sais-tu pas que la nuit les rues nous appartiennent ?Non, répondit Rudy. Désolé, de toute façon je rentrais.

— Oh mais ne sois pas pressé. Il faut d’abord que tu payes ton droit de passage.

— Je…je n’ai pas d’argent sur moi, balbutia Rudy.

— Pas d’argent ? dit celui qui tenait un couteau.

— Tu te rends compte qu’on ne peut pas te laisser passer comme ça ?

— Je n’ai rien je vous dis ! Rudy sentait la peur monter en lui. Il

haussa le ton pour cacher son angoisse.

— Mais c’est qu’il se rebelle, le cul-terreux. Tiens, prends donc ça pour te calmer »

L’homme lui assena un coup violent avec sa barre et Rudy hurla de douleur. Les deux autres s’amusèrent à le pousser. Il tenta la fuite mais l’un de ses ravisseurs lui fit un croche-pied et il tomba à terre. Un autre le releva et lui donna un coup de poing en pleine mâchoire.

Rudy sentit alors monter l’adrénaline. Il commença à voir rouge, ensuite plus rien. Quand il reprit conscience, il regarda autour de lui, perplexe. Il lui fallut quelques secondes pour se rappeler ce qui s’était passé. C’est là qu’il remarqua deux de ses racketteurs par terre, gisant dans leur sang, complètement éventrés. Rudy courut chez lui à toute vitesse, horrifié par ce qu’il venait de voir.

Une heure du matin, le téléphone sonna chez l’inspecteur Maurel.

Une semaine, un extrait

Bonjour à toutes et à tous !

Hier soir m’est venue l’idée de partager un extrait d’une de mes nouvelles par semaine.
Je pense que c’est une manière plutôt intéressante de donner de la visibilité à ses écrits et d’attiser la curiosité du lecteur.

C’est pourquoi pour cette première semaine je vous partage un extrait de Carnival massacre, une histoire tirée du recueil Peur primale et autres récits.

Je vous souhaite donc une bonne lecture 🙂

Carnival massacre

*

Los Angeles, Vénice Beach. Depuis la grande catastrophe d’il y a deux ans où cinq jeunes adolescents trouvèrent la mort dans l’un des nombreux grand-huit, il n’y avait plus de foire. Cependant, celle-ci rapportait beaucoup d’argent à la ville, car elle attirait bon nombre de touristes. Ce fut alors le mois dernier, nous étions en mai, que le maire de la ville monsieur Hall, John de son prénom, avait reçu l’appel tant attendu. C’était le patron d’une troupe de forains qui lui avait téléphoné. Ce dernier cherchait un coin sympa où installer ses manèges, ainsi que son cirque et on lui avait chaudement recommandé cette ville qui avait la réputation d’attirer beaucoup de monde.

C’est alors que deux mois plus tard, la foire s’installa près de la plage de Vénice Beach. Thomas, Caitlyn, son petit ami William ainsi que Jennyfer et Sarah avaient appris la bonne nouvelle et s’étaient empressés de venir voir les nouvelles attractions. Ils commencèrent par les stands de tir, le chamboule-tout où William et son adresse légendaire remportèrent deux magnifiques peluches, un tigre et un ours rose qu’il offrit à sa chère et tendre amie. Une fois qu’ils eurent visité tous les stands, Sarah décida qu’il était temps de faire un tour de montagnes russes, histoire de s’amuser un peu, car elle commençait à s’ennuyer à regarder les autres jouer. Elle aurait pu les rejoindre mais elle était nulle et ce qu’elle préférait, c’était les manèges à sensation.

Elle emmena alors ses amis en direction du plus grand des grand-huit de la foire, l’Anaconda et pour la première fois de la journée, elle s’éclata au grand dam de Jennyfer qui n’aimait pas beaucoup ce genre d’attraction. Cette dernière avait une peur bleue des hauteurs. Cependant, elle avait fait l’effort de monter dans le manège, car son psy lui avait conseillé de vaincre ses craintes par tous les moyens possibles. Elle ne put toutefois s’empêcher de fermer les yeux, pas le meilleur moyen de battre ses peurs.

Après avoir passé une bonne partie de la journée à s’amuser, ils allèrent dans un bon restaurant, Thomas et Sarah commençant à avoir faim. Ils commandèrent trois grandes frites et des sodas. Soudain, alors qu’ils étaient en train de manger, Thomas entendit deux jeunes hommes assis à la table d’à côté parler du cirque qui s’était installé juste derrière la foire. À en croire les dires de ses deux hommes, il y avait un spectacle nocturne grandiose qui s’y préparait. Tout ce que Thomas comprit furent les mots « jongleurs » et « acrobates », deux mots qui attisèrent sa curiosité et qui le poussèrent, lui qui était d’ordinaire timide, à leur demander de quoi il en retournait. Ils lui parlèrent alors de ce qu’ils avaient entendu eux-mêmes. Le cirque prévoyait un grand numéro d’acrobatie avec des clowns acrobates ainsi qu’un autre incluant tigres et jongleurs. Le spectacle ne commencerait que vers neuf heures du soir, aussi eurent-ils le temps d’aller se promener en ville et de boire deux ou trois verres dans un bar.

Nos cinq amis allèrent se balader en ville, faire quelques boutiques où ils achetèrent vêtements et objets divers. Caitlyn qui était une vraie mordue des livres avait fait l’acquisition de plusieurs livres comme les thrillers de Preston & Child, le dernier roman de Stephen King paru en 2014 : « Joyland » ainsi que d’autres romans dans le genre fantastique, son genre préféré. Jennyfer qui était férue de mode, s’acheta deux jolies robes ainsi que des ballerines. Thomas qui avait déjà tout dépensé dans les jeux et le restaurant se contenta d’admirer les vitrines avec envie.

Ils allèrent ensuite dans un bar, « Le poney fringant », nommé ainsi en raison du fait que le propriétaire était un grand fan de Tolkien. Ils commandèrent deux bloody mary et trois tequila sunrise qu’ils sirotèrent lentement pour ne rien manquer du goût fruité et sucré de ces sublimes cocktails, comme le disait si bien Sarah. William qui lui avait l’alcool mauvais, commençait à avoir la tête qui tourne et des suées. Il sortit donc prendre l’air un moment. Il s’adossa au mur, sortit son paquet de clopes de sa poche et en porta une à sa bouche. Il l’alluma à l’aide d’un zippo.

Il savourait sa cigarette, regardant le ciel d’un air rêveur (il faisait déjà noir et l’on pouvait admirer les étoiles) quand soudain un hurlement à vous glacer le sang retentit deux ruelles plus basses. Il tendit l’oreille pour entendre ce que la personne criait et capta les mots suivants :

« Noooon !! Allez-vous-en ! ». C’était les cris apeurés d’une dame assez âgée à en juger par le timbre de sa voix. William entendit ensuite comme le vrombissement d’une tronçonneuse, suivi d’un hurlement de terreur qui s’étouffa dans le calme de la nuit. William aurait bien voulu bouger, mais il se sentait à moitié saoul pour pouvoir intervenir. Il rentra donc prévenir quelqu’un afin que celui-ci prévienne la police. Il demanda alors au barman avec son ami Thomas s’il n’y avait pas un téléphone. Il dirigea les deux hommes vers une porte située derrière le bar et qui menait dans l’arrière-cour où se trouvait une vieille cabine téléphonique. Thomas composa le numéro et attendit qu’on daigne lui répondre.

« Allo, oui ? Qui est à l’appareil ?

— Thomas, monsieur l’agent. Je vous appelle pour vous signaler une agression.

— Ok. Et où êtes-vous situé ?

— Au poney fringant avec des amis

— D’accord, nous allons envoyer de suite une patrouille.

— Merci, monsieur l’agent. »

Thomas raccrocha le téléphone et retourna auprès de ses amis attendre que les autorités arrivent.

À peine un quart d’heure plus tard, deux policiers entrèrent dans le bar. L’un d’eux chercha nos cinq adolescents dans la salle et dès qu’il les vit, se dirigea avec son collègue vers ceux-là.

L’un était de taille moyenne, les cheveux plaqués sur le côté et des lunettes noires ; l’autre était grand, les épaules carrées et un regard dur à vous faire frémir de frayeur. Le premier sortit de sa poche un petit carnet de notes et demanda :

« alors, racontez-nous exactement ce que vous avez vu.

— Je n’ai rien vu, m’sieur, intervint William encore ivre. Mais j’ai entendu une personne crier et puis comme un… comme un bruit de… tronçonneuse

— De tronçonneuse ? Le policier prit note avant de demander ; avez-vous bu ?

— Bin ouais, m’sieur. C’est pour ça qu’on est là. Pourquoi ?

— Je ne sais pas mais êtes-vous sûr que vous n’ayez simplement pas halluciné à cause de l’alcool ?

— Affirmatif. Je sais reconnaître un bruit et celui-là, c’était bien le bruit d’une tronçonneuse.

— Ok, ok, intervint l’agent toujours dubitatif. Dites-moi où cela s’est passé, je vous prie.

— A deux ruelles d’ici, m’sieur.

— Bien, nous allons donc voir. Vous, vous restez ici. »

*

Les policiers se rendirent donc dans la ruelle en question, elle était déserte. Le plus gros appela d’une voix forte et sûre pour voir s’il n’y avait personne. Pas même un chat. Ils s’avancèrent un peu plus profondément dans cette petite rue sombre et étroite à la recherche d’une quelconque victime. Soudain, l’un d’eux, le plus jeune qui portait des lunettes, trébucha sur quelque chose et tomba la tête la première sur quelque chose de liquide, peut-être une flaque d’eau.

« Pouah ! Je suis tout trempé. Hé, Walter ! appela-t-il.

— Oui ?

— Je suis tombé sur quelque chose ! cria-t-il pour se faire entendre.

— Amène ta torche par-là !

— Ok, j’arrive ! »

Walter décrocha de sa ceinture la lampe torche et la dirigea vers son collègue. Ce dernier était couvert d’une substance d’un rouge bordeaux qui lui avait tâché une bonne partie de la chemise. Walter n’eut pas le temps de se demander ce que c’était quand il entendit l’autre pousser un hurlement de stupeur.

« Qu’est-ce qu’il y a, Carl ? demanda Walter

— Éclaire par terre ! »

Walter poussa un cri mêlant surprise et dégoût quand il aperçut ce qui traînait sur le sol dans une mare aussi rouge que la tâche sur la chemise de son collègue. C’était un bras, un bras humain. Le liquide rouge devait alors sûrement être du sang.

— Dis, Walter ? Tu crois qu’un malade se balade réellement avec une tronçonneuse ?

— J’en sais rien mais cette pauvre personne n’a pas perdu son bras comme ça !

— Franchement les bras m’en tombent, déclara Carl avec une pointe d’humour.

Walter se mit à rire à gorge déployée de la blague de son collègue. Même si la situation était plus que sérieuse, Carl avait senti le besoin de détendre l’atmosphère de terreur et d’angoisse qui les enveloppait, les étouffait. Ils appelèrent le FBI, après avoir retrouvé leur calme et leur sérieux et leur firent part de la situation.

Il ne s’agissait peut-être que d’une agression banale comme il en existe tant dans cette foutue ville mais mieux valait prévenir que guérir et Carl ne voulait pas prendre de risques sans en avertir au préalable les autorités compétentes.

Ils attendirent donc que la cavalerie arrive avec ce qu’il faut.

Une dizaine de minutes suffirent au FBI pour arriver sur la scène de crime. Deux voitures se garèrent juste devant la ruelle et quatre hommes en descendirent. L’un d’eux sortit un ruban de balisage et délimita la zone afin d’y éviter toute intrusion. Un autre surveillait les alentours à la recherche d’un éventuel suspect ou bien d’un témoin. Il resta ainsi, à surveiller, tandis que les deux autres hommes entrèrent sur la scène pour l’inspecter. Ils balisèrent et leur médecin légiste préleva des échantillons de sang, tenta de relever des empreintes sur le bras de la victime d’une manière très minutieuse et en faisant bien attention à ne pas polluer la scène de crime.

Ensuite Carl leur fit part des témoins qui auraient tout entendu du crime et il envoya Walter chercher William. Ce dernier revint avec son témoin et l’un des agents commença à l’interroger sur ce qu’il avait vu ou entendu. William leur expliqua donc qu’il avait entendu des hurlements, des appels à l’aide, suivis d’un bruit de tronçonneuse. L’agent nota tout sur un calepin en omettant aucun détail et dès qu’il eut tout ce dont il avait besoin, il fit renvoyer le jeune garçon et ses amis chez eux.

Ils rangèrent ensuite leur matériel, mirent le bras de la victime dans un sac hermétique puis avec ce qu’ils avaient pu prélever sur la scène, repartirent au bureau étudier tout ça.

*

Nos cinq amis furent raccompagnés chez eux, dans leur appartement. Ils habitaient un grand immeuble de cinquante étages à environ cinq cent mètres de la plage où se tenait la foire. Ils se rendirent ensuite tous chez Jennyfer pour discuter de ce qu’ils venaient de vivre ce soir.

« C’est dingue, cette histoire de meurtre, intervint Caitlyn

— Bof, pas tellement, lui répondit Sarah qui ne semblait pas du tout inquiète par les événements. Des meurtres, il y en a toujours eu dans cette ville.

— Oui mais généralement ce sont des conflits inter-gangs, dit Thomas. Et puis, c’est la première fois que l’on entend parler de meurtre à la tronçonneuse. Je n’ose même pas imaginer ce qu’il doit rester du corps de cette pauvre dame.

Rien que d’y penser, il en eut la chair de poule et un frisson lui parcourut l’échine. Et il faillit vomir en voyant cette vieille femme complètement en charpie, les restes de son corps mutilé par les assauts incessants de la tronçonneuse.

— Thomas a raison, le défendit Jennyfer. Une attaque de ce genre n’est pas banale. Et l’idée que ça aurait pu être l’un d’entre nous me terrifie. En plus, le meurtrier court toujours »

Et ils restèrent ainsi à discuter du drame et à se demander s’ils allaient tout de même sortir pour voir le spectacle que le cirque donnait ce soir.

Sarah, elle, ne voulait pas se laisser abattre par la situation et décida que ce n’était pas un meurtre, aussi horrible soit-il, qui allait gâcher sa soirée. Elle demanda à ses amis s’ils étaient d’accord pour venir avec elle ou bien s’ils préféraient se terrer comme des rats. Après mûre réflexion, ils décidèrent de la suivre, pensant qu’un crime ne saurait être commis dans un lieu public bondé de monde.

Ils se préparèrent puis partirent en direction du cirque, le Hot Jack’s circus en passant par le vendeur de pop-corn. Ils entrèrent dans le chapiteau et trouvèrent des places au dernier rang, là où la vue était meilleure. Ils attendirent là que monsieur loyal daigne se montrer pour annoncer le début des festivités. Jennyfer plongea la main dans le paquet de pop-corn que Thomas tenait entre ses mains.

« Hé ! Attends, le spectacle n’a même pas encore commencé, lui dit ce dernier, tout en éloignant le paquet.

— Je sais, répondit Jennyfer, mais j’ai une de ces faims.

— Retiens toi, je suis sûr que ça ne va pas tarder »

et il avait raison. À peine avait-il prononcé ces mots que monsieur Loyal entra sur la piste.

« Mesdames et messieurs, bonsoir à vous ! hurla celui-ci. Avant toute chose, j’espère que vous vous êtes bien amusés aujourd’hui !

— Oui ! répondit un public enjoué.

— Bienvenue dans mon humble demeure, le cirque Hot Jack’s circus ! Ce soir des numéros à vous couper le souffle ! Des acrobates ! (il désigna du doigt les trapézistes qui attendaient dans un coin) Des clowns ! Et n’oublions pas nos célèbres jongleurs. Wizzle ! Eeeeeeeet Wiggle !

Le public applaudit à l’annonce des différents artistes.

— Et maintenant, pour commencer les festivités, je vous propose un numéro de danse aérienne comme vous en avez jamais vu ! Veuillez, mesdames et messieurs, les applaudir !

Clap, clap, clap ! Les applaudissements résonnèrent dans tout le chapiteau »

Les acrobates se dirigèrent alors en direction des échelles qui menaient jusqu’aux trapèzes et grimpèrent à plus de dix mètres de hauteur. En dessous, un gros matelas pour amortir une éventuelle chute (on n’était jamais à l’abri d’un accident). Une

fois en l’air les acrobates se saisirent de leur barre et s’élancèrent dans le vide. L’un des trapézistes sauta et fut rattrapé par son binôme qui se trouvait à l’opposé. Au début le numéro paraissait assez simple, mais très vite ils réussirent à captiver le public, surtout les enfants. Ils semblaient voler, virevolter dans les airs, aussi à l’aise et léger que des oiseaux. Saltos, vrilles, les acrobates émerveillaient par leur prestation.

A la fin de leur numéro, ils descendirent saluer leur public. Puis vint le tour des clowns de faire rire les petits enfants avec toute sorte de gadgets. Fleur arroseuse, gant télescopique, boîte à diable, etc. L’auguste, à la merci des farces de son comparse de clown et par ses fausses maladresses faisait rire les gosses.

Puis Wizzle et Wiggle firent leur tour de jonglage. Ils jonglèrent avec balles, quilles et même des couteaux. Deux heures passèrent, deux heures de franche rigolade, d’émerveillement.

Thomas, Caitlyn, William, Jennyfer et Sarah rentrèrent chez eux.

*

Après avoir dit bonsoir à Sarah et Jennyfer, Caitlyn et William rentrèrent dans leur appartement. Celui-ci était peu spacieux pour un couple. Les meubles, légués par le grand-père de Caitlyn, était du style Louis XV, ce qui n’était pas au goût de William. Cependant Caitlyn aimait son grand-père et elle avait souhaité avoir un peu de lui avec elle. William, lui, aurait préféré quelque chose de plus moderne, de plus « djeune » comme disaient les ados de nos jours. Mais il n’avait pas su le lui refuser, il ne lui refusait presque rien d’ailleurs, sauf la fois où elle avait voulu s’installer en Caroline du Nord, à Greenville. Cet endroit lui rappelait trop de mauvais souvenirs, la mort de sa mère, les mauvais traitements de son père qui avait décidé de noyer son chagrin dans l’alcool et les brimades dont il était victime au lycée de North Pitt. Il voulait changer d’air, fuir le plus loin possible son passé. Aussi avait-il décidé de venir s’installer sur la côte Ouest, profiter de la plage et du surf, sa deuxième passion après le Baseball.

Caitlyn avait donc cédé à son caprice et accepté de le suivre. Ils avaient tous les deux trouvé une place au lycée des arts de Los Angeles. William aimait écrire des histoires mettant en scène des jeunes femmes en détresse, secourues in extremis par un beau mâle au corps bien musclé. Il avait tenté, en vain, de vendre quelques-unes de ses œuvres. Ce fut lorsque sa copine lui avait avoué qu’elle voulait faire actrice, qu’il décida de changer d’orientation et de devenir scénariste. C’était lui qui avait écrit le scénario pour la pièce de fin d’année, une fille prisonnière de son rustre de mari et qui va être sauvé par son voisin. Telles étaient les histoires que William aimait raconter.

Il regardait par la fenêtre, celle-ci donnait sur la foire et l’on pouvait admirer les manèges éclairés dans la nuit. Caitlyn, elle, était assise sur le lit, à le regarder lui, se demandant à quoi il pouvait bien penser. Elle savait que quand il regardait comme ça dans le vide, c’était que quelque chose le tracassait. Elle se leva puis l’enlaça.

« Qu’est-ce qui ne va pas, chéri ?

— C’est rien.

— Allons, je sais très bien que quand tu es comme ça, c’est que quelque chose te travaille.

— C’est juste que… je repense à ce fou qui se promène en liberté et cette pauvre femme. Dieu sait ce qu’il lui est arrivé.

— Je suis sûre que le FBI va résoudre cette triste affaire, alors ne t’inquiète pas, le consola Caitlyn.

— Je l’espère »

Il savait que le FBI ferait tout pour résoudre ce meurtre, si on

pouvait appeler ça un meurtre, vu que l’on n’avait pas encore retrouvé le corps de la victime. Il regarda sa copine, celle-ci lui fit un grand sourire qui s’étendait jusqu’aux oreilles. Il en fit de même. Il eut alors une idée.

« Caitlyn ?

— Oui, qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-elle

— Et si on allait faire un tour de grande roue, la foire est encore ouverte.

— Oui, c’est une excellente idée, dit-elle ravie de cette proposition. »

Et ils sortirent donc, se dirigeant vers la grande roue, toute illuminée.

*

L’agent du FBI, Garry Williams, était revenu au bureau avec le bras et les échantillons de sang. Il alla voir le médecin légiste afin qu’il analyse le bras de la victime. Il ne lui fallut pas longtemps pour poser son diagnostic. Selon ce dernier, il avait bien été découpé à la tronçonneuse, une scie n’ayant pu faire une coupe aussi nette. Il conclut également que pour couper ce bras, il fallait être au moins trois, un pour tenir la victime, l’autre pour le bras et le troisième avec la tronçonneuse se serait chargé du reste.

« Alors comme ça il n’y aurait pas qu’un suspect ? demanda Willy. Tel était son petit nom dans le milieu.

— Oui, affirma le médecin, au moins. Un seul n’aurait pas pu faire le boulot.

— D’accord. Alors nous avons trois hommes à chercher.

— Ou femmes, ajouta le légiste.

— Femmes ?

— Oui, s’ils étaient plusieurs, c’est tout à fait possible. »

L’agent posa ensuite les questions concernant le profil des criminels. Selon ce qu’il put en tirer, il devait y avoir un costaud pour pouvoir tenir la tronçonneuse et pour les deux autres, n’importe qui aurait pu faire l’affaire. Ils devaient être au moins âgés de trente ans, si ce n’est plus.

Un profiler dut ensuite dresser leur profil psychologique. D’après son raisonnement, les trois hommes (ou femmes) étaient de nature sociopathe, avec une attitude marginale vis à vis de la société. Ils étaient aussi très discrets, évitant de commettre leurs méfaits en plein jour ou dans des rues où les passages sont fréquents. Vu que l’on n’avait jamais retrouvé de corps, il était difficile d’établir la relation criminel-victime. Tout ce qu’on savait, c’était qu’ils aimaient les meurtres plutôt brutaux, torturer sûrement leur victime de manière aussi bien psychologique, créant la terreur chez elle, que physique. Et ils devaient être aussi du quartier, car ils connaissaient les coins à éviter.

Une fois tous ces éléments en main, Garry convoqua une équipe pour fouiller la ville à la recherche des tueurs.

*

Caitlyn et William sortirent en douce de leur appartement afin de ne pas réveiller leurs amis. Ils voulaient être seuls ce soir. Will prit soin de fermer la porte sans la claquer puis ils descendirent en catimini. Ils se dirigèrent ensuite vers la plage où se trouvait la foire. Ils marchaient main dans la main, profitant de l’air frais du soir. Ils se promenèrent entre stands et attractions, commandèrent une barbe à papa puis jusqu’à la grande roue.

Une fois arrivés sur place, ils constatèrent qu’il n’y avait

personne pour faire marcher la roue. Caitlyn eut l’idée de demander à quelqu’un qui passait par là s’il ne pouvait pas la faire fonctionner. Celui-ci accepta volontiers, ne pouvant rien refuser à une si jolie jeune femme. Il leur ouvrit le portail menant à la nacelle puis referma derrière eux. Caitlyn et William s’installèrent et remarquèrent que le cran de sécurité était cassé. William décida quand même d’y aller, s’accrochant à la barre pour ne pas tomber.

Le jeune homme, il s’appellera Donnie, hésita à faire démarrer la California Wheel of Hell. Elle portait ce nom à cause des lanternes qui, une fois la nuit tombée, éclairaient la roue comme si elle était en feu. Caitlyn serra fort la main de son copain ainsi que la rambarde par peur de tomber. Donnie actionna le levier et la machine se mit en route. La nacelle tanguait dangereusement, ce qui ne rassurait pas Caitlyn. William, lui, était plutôt à l’aise. La roue tournait et tournait et la nacelle balançait.

Tout se passait bien pour nos deux tourtereaux quand un cri les ramena de leur douce rêverie. C’était leur tout nouvel ami, Donnie, qui se faisait agressé par un individu étrangement vêtu. Il portait avec lui une hache qu’il brandit au-dessus de la tête du malheureux garçon. Caitlyn hurla pour capter l’attention de l’agresseur, mais rien n’y fit, l’homme était concentré sur sa proie. Il abattit son arme sur le crâne du jeune homme qui se retrouva la caboche fendue en deux. Il tomba, inerte, dans une mare de sang. Caitlyn poussa un hurlement étouffé par la main de son compagnon qui ne voulait pas être pris pour cible. Il jeta un coup d’œil en bas, l’homme ne semblait pas vouloir s’intéresser à eux. Ce dernier disparut derrière les stands, là où personne ne le verrait.

William était tellement tétanisé par ce à quoi il venait d’assister, qu’il lui fallut deux bonnes minutes avant de reprendre ses esprits et d’appeler la police. Il composa le numéro et attendit, impatient, qu’on lui réponde. Dès qu’il eut enfin quelqu’un au bout du fil, il tenta tant bien que mal d’expliquer la situation. Une fois qu’ils

eurent tous les éléments, ils envoyèrent une patrouille à la foire, là où se trouvait nos deux amis.

Voilà pour le premier extrait ! En espérant qu’il vous aura plu.

N’hésitez pas à me dire quoi dans les commentaires, je les lirai avec plaisir.

Pumpkin Autumn Challenge 2021 – MA PAL

Bonjour à toutes et à tous

Aujourd’hui je reviens pour vous présenter ma PAL pour le Pumpkin Autumn Challenge organisé par Guimause

Cette année encore le challenge se découpera en quatre menu qui sont eux-même découpés en trois sous-menus (je vous mets le lien vers l’article et toute les explications ici : Pumpkin Autumn Challenge Menus

Le challenge se déroule du 1er septembre jusque fin novembre.

Pour les livres que j’ai choisi, je vais vous les présenter par catégorie.

Pour le premier menu Automne frissonnant j’ai choisi le sous-menu Gare, gare à la main de gloire avec les thrillers de Maxime Chattam, L’âme du mal et celui de Nicolas Beuglet, Le cri

Et je vois aussi si je n’ajoute pas le livre de Frédéric Livyns, Les contes d’Amy

Ensuite vous avez le menu Automne douceur de vivre pour lequel j’ai là choisi le sous-menu It’s just a bunch of hocus pocus, avec le livre de Rainbow Rowell, Pumpkin heads pour le côté automnal.

Puis nous passons au menu Automne enchanteur avec le sous-menu La lunette de pierre, c’est extra !
Pour ce menu, j’ai choisi un roman dans le genre Nature writing avec Croc blanc de Jack London

Et enfin pour le dernier menu Automne des mystères, j’ai choisi le sous-menu Le destin perdu avec La prophétie de l’horloge.

Voilà ma PAL pour le challenge de cette année.

Et vous ? Quelle est votre PAL pour le challenge ? Y participez-vous ?

traduire, une passion

Bonjour à toutes et à tous

Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur l’une de mes passions, la traduction.

Il y a de cela plusieurs années, j’avais entrepris des études en licence d’anglais, et parmi les cours que nous avions, en plus de la littérature et de la culture du monde anglo-américain, il y avait ces séances de traduction, que ce fut du français vers l’anglais ou bien de l’anglais vers le français.

J’ai toujours aimé ce genre d’exercice que je trouvais fort enrichissant pour l’amélioration de mon apprentissage de la langue de Shakespeare, mais elle m’a également permis d’acquérir un vocabulaire riche que j’aime à utiliser aujourd’hui.

J’adore l’exercice de traduction à tel point qu’il m’est déjà arrivé à plusieurs reprises de traduire par plaisir des articles de journaux ou de magazines.
J’ai même traduit récemment deux de mes ouvrages que j’ai intitulé :
The island at the end of the world and other cosmic horrors et Madly spooked: a horror anthology

J’ai par ce fait enrichit davantage mon vocabulaire ce qui fut pour moi un plaisir.

J’ai d’ailleurs décidé avec cet article de vous partager quelques bribes de traduction de mon œuvre The island at the end of the world…

La version anglaise sera surlignée en bleu.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à me laisser vos impressions en commentaire.

L’île du bout du monde et autres univers / The island at the end of the world and other cosmic horrors

Henri était bien trop curieux pour renoncer à visiter ces bois et même si tout lui paraissait mystérieux, inquiétant, car nul ne savait, et encore moins lui ce qui se trouvait au-delà, il n’aurait, là, pas non plus renoncé.

Henri was way too curious to renounce visiting those woods, and even though everything looked mysterious and disturbing, for no one and certainly not he could know what lay beyond, that did not stop him from going.

Se tenant au bord d’un immeuble haut d’une quarantaine d’étages, John Herbert regardait dans le vide. En bas une foule de gens s’était agglutinée pour voir ce qu’il se passait.

Standing on the roof of a forty-storied building, John Herbert was looking down. There, a crowd had gathered up to see what was going on.

J’ai également posté dans un autre de mes articles la traduction d’un texte intitulé Night terrors, que je vous partage ici :

Marqué(e)s : le pouvoir de l’encre – Fancy Fanny

J’ai vraiment adoré découvrir la plume de Fanny au travers de son premier roman.

Livia apprend malgré elle qu’elle est enfant de traqueur ; un vrai choc. Mais en plus, elle possède un pouvoir unique et convoité par le mal. Elle devra alors apprendre à utiliser le pouvoir de l’encre et se battre pour sa survie. Elle sera pour cela assistée de son frère Marcus et des jumeaux Liam et Aria.

J’ai bien aimé le développement des personnages ; que ce soit les complicités fraternelles ou la relation compliquée entre Livia et Liam. On ressent les personnages vivre comme s’ils étaient ancrés dans la réalité.

Pour un premier roman, je trouve que celui-ci est assez bien réussi et qu’il y a de l’idée. Fanny est sans nul doute une fille avec une grande imagination et je suis certain qu’à l’avenir, elle pourra aller encore plus loin et se dépasser.

Je trouve aussi le concept d’encre absolument bien amené, et j’ai trouvé vraiment super les illustrations des marques qui clôturent l’œuvre.

Nul doute que je me lancerai dans la lecture du second tome.

Vous pouvez bien entendu retrouver le livre par ici si jamais il vous intéresse :

Terreurs nocturnes – Night terrors

Bonjour à tous et à tous

Hier, sur Instagram, j’ai créé un petit quizz afin de savoir quelle micronouvelle issue de  » Peur primale et autres récits  » vous aimeriez lire.
Il y avait le choix entre Chimère, Terreurs nocturnes, Le pacte du Djinn et la forêt aux pendus.

Terreurs nocturnes a eu le plus de voix, c’est donc cette histoire que je vous partagerai ici aujourd’hui.

Je vous mets même sa version anglaise.

Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que cela vous plaise :

Version française

Je la sentais, elle était là et m’observait, m’analysait. Son regard me transperçait jusqu’au plus profond de mon âme endolorie par la crainte et l’angoisse. A peine me retournais-je qu’elle s’évanouissait silencieusement, emportée par le vent de minuit. J’allais dans la salle de bain, me passer de l’eau sur le visage pour me débarrasser de toute cette sueur causée par la peur. Cette peur que quelque chose de malsain puisse m’arriver alors que j’étais seul chez moi.

Cela m’était arrivé toutes les nuits depuis que j’avais emménagé dans cette fichue maison. Quelle idée avais-je eu d’acheter dans ce patelin, éloigné de tout. Entre le sentiment d’un regard posé sur mes épaules, une silhouette cachée dans le noir et les objets qui disparaissaient, l’ambiance me semblait tendue dans cette vieille bâtisse aux fenêtres claquantes, aux portes grinçantes comme ces demeures de film d’horreur. Tout dans cette maison me donnait la chair de poule : la télé qui parfois s’allumait toute seule, les appareils électriques qui faisaient des leurs. Et la chambre du deuxième. Des bruits étranges s’y faisaient entendre. Le plancher qui craquait comme si quelqu’un ou quelque chose se déplaçait la nuit car c’était la nuit que j’entendais ces sons inquiétants. Chaque soir, j’avais ce petit rituel de vérifier les chambres une à une et de les verrouiller à clés. Malgré ça, les grincements, les craquements ne cessaient pas. Et il y avait aussi le placard. Si vous tendiez l’oreille, vous pouviez entendre son souffle. Il y avait en ces lieux maudits de quoi devenir paranoïaque.

Bien que je prenais soin de toujours fermer la porte de l’armoire,

chaque matin je la retrouvais entrouverte. Je vivais dans la terreur constante que quelque chose puisse m’arriver. Sentir cette présence me terrifiait. La chose qui vous épiait, tapie dans les ténèbres, à peine vous vous retourniez qu’elle se volatilisait. Depuis que je travaillais sur mon roman, je manquais sérieusement de sommeil. Ou peut-être était-ce ces litres d’alcool que j’ingurgitais et cette drogue qui me plongeait au plus profond d’un monde de fantaisie. Mais quelle fantaisie, moi qui avait choisi d’écrire des romans d’horreur j’étais maintenant confronté à mes propres démons et une terreur que je n’aurais su cacher, m’entraîna dans les tourbillons de la folie et pris au piège par ma propre démence, je me surpris à délirer. Ou alors, là encore, c’était une réalité que mon esprit cartésien se refusait d’accepter. Et puis pourquoi étais-je seul dans cette horrible demeure ? N’avais-je point de femme ni d’enfant ? Aussi loin que remonte ma mémoire et dieu sait que ces temps-ci elle est assez défaillante, il m’avait semblé avoir connu le grand amour du nom de Jésabelle. Et si je rassemble encore mes souvenirs, j’avais également un fils mais je ne me rappelle plus son nom, hélas.

Un soir, vers une heure du matin, je crus l’apercevoir. Une créature dont la description allait bien au-delà des mots, une comme vous n’en verrez que dans vos pires cauchemars. Une créature à vous faire trembler d’effroi et vous plonger dans une certaine folie, folie qui je pense me gagnait petit à petit. Ce fut là que le drame eut lieu. Un soir alors que j’étais dans la cuisine, je la sentis juste derrière moi. J’avais peur et ma conscience commençait à sombrer dans les abîmes infernaux, là où la raison n’existait plus. Ce fut à ce moment que je pris le couteau. Je le plongeai dans ce que je pensais être juste un mauvais rêve. Une fois. Deux fois. Mon cauchemar semblait ne pas vouloir s’arrêter alors que je m’efforçais à le faire disparaître à coup de lame. Puis enfin, là sous mes yeux, l’horreur prit alors tout son sens. Gisant sur le sol, ma femme et mon fils ! Je regardais ces corps inertes gisant dans une mare de sang, les yeux écarquillés par l’acte

horrible que j’avais osé commettre. J’en devint fou. Ce fut les hurlements incessants d’un dément qui avaient alerté le voisinage.

On me jugea dérangé et je fus envoyé à l’hôpital psychiatrique de Belle-rive. Là-bas, on m’enferma dans une de ces chambres blanches, aux murs matelassés, avec pour seule compagnie ma folie. L’horrible chose que j’avais osé commettre en tuant les deux personnes les plus chères à mes yeux m’avait coupé l’appétit et je ne mangeais presque plus.

Aussi, je ne dormais plus. Trop effrayé de la revoir, la chose tapie dans mon antre de la démence et qui n’attendait qu’une seule chose, prendre mon âme. Cependant, un homme ne pouvait pas ne pas dormir et la fatigue, au bout de quelques jours, eut raison de moi et je finis par succomber. Je retrouvais comme je l’avais imaginé, la créature. Elle était là, accroupie dans un coin de la pièce, m’observant de son regard rouge vif. Elle se leva ensuite et commença à s’avancer lentement vers moi. Je voulus reculer, mais horreur, j’avais atteint la limite et mon dos pressé contre le mur derrière moi, je ne pouvais qu’attendre mon sort. Je tentais de chasser la bête de mon esprit mais trop tard, elle n’était plus qu’à quelques pas de moi. Elle posa ses lèvres gercées sur les miennes et de mes yeux commença à couler un torrent de larmes. Je compris alors et je lui souris…à la chose.

Version anglaise

   I could feel it. It was there and it was watching, analyzing me. Its look was piercing through the inmost of my soul aching with fear and anxiety. No sooner had I turned around that she silently vanished, carried away by the midnight wind. I went to the bathroom, splashed my face with water to get rid of all this sweat caused by the fear. That fear that something evil might happen to me when I was home alone.

  This had happened every night since I had moved into that bloody house. What had gone through my head when I bought in that burg, so far from the rest of the world? Between the feeling of something looking over my shoulders, a silhouette hidden in the dark, and the objects that were disappearing, the atmosphere seemed quite tense in this old house with its slamming windows, its creaking doors like these mansions in horror movies. Everything in this place gave me the creeps: the television that turned itself on, the electrical appliances that went haywire. And the room on the first floor. You could hear strange noises. The floor which was cracking as if someone was moving up there by night, for it was at night that I could hear these worrying sounds.

   Each evening, I had this little ritual to check out the rooms one by one and lock them up. Despite this, the creaking, the cracking would not cease. And there was the closet too. If you listened carefully, you could hear its breathing. There was something within this damned place that made you paranoid.

Even though I was careful to lock the closet door, every morning I found it half-opened. I was living with the constant fear that something might happen to me. Feeling this presence was scaring me. The thing that spied on you, hidden in the darkness and which would disappear every time you turned around.

   Since I was working on my novel, I was seriously lacking sleep. Or perhaps it was all that alcohol and that drug that plunged me deep into a world of fantasy. But what fantasy? Because I had decided to write horror stories, I was now confronted by my own demons and a terror I would not have been able to hide dragged me into the whirls of madness in which, trapped, I found myself becoming crazy. Or then again, it was a reality that my Cartesian mind refused to accept. And why was I all alone in that horrible house? Did I not have any wife or child? As far as I could remember, and God knows that my memory has been failing me recently, it seemed to me that I knew the real thing with a wife named Jésabelle. And if I gather my memories once more, I also had a son whose name I cannot remember, unfortunately.

   One night, at one o’clock in the morning, I thought I saw it. A creature which description was going far beyond words, one like you will see only in your worst nightmares. A creature that would scare the crap out of you and plunge you into a certain madness, madness which was slowly overtaking me. That was when the drama took place. Once, it was the evening, I was in the kitchen and I felt it right behind me. I was scared and my conscience was starting to sink into the infernal abyss, where reason did no longer exist. It was at this very moment that I took the knife. I plunged it into what I thought to be just a bad dream. Once. Twice. My nightmare seemed not to want to stop although I was striving to make it disappear with stabs. Then, at last, the horror made total sense, there under my eyes. Lying dead on the floor, my son and wife! I was looking at these motionless bodies in this pool of blood, appalled by the horrible act I had just committed. I became mad. It was the never stopping screams of a maniac that had alerted the neighborhood.

I was judged disturbed and was sent to Belle-rive hospital. There, I was locked away in one of these white rooms with padded walls, and with as a sole company my madness. The terrible thing I had done when killing the two people I most cherished in my life had ruined my appetite and I could barely eat anything.

Plus, I could not sleep anymore. Too scared of seeing it again, the thing lurking in my den of insanity and which was only waiting for one thing, to take my soul.

   Nevertheless, a man could not stay without sleeping and after a few days, I finally succumbed to slumber. I found the creature, just as I had imagined. It was there, crouched down in a corner of the room, watching me with its bright red eyes. Then, it stood up and slowly started to walk towards me. I wanted to back off but, horror, I had reached the limit and with my back pressed against the wall I could only wait for my fate. I tried to chase the beast inside my head but too late, she was a few steps now from me. She put her chapped lips onto mine and from my eyes, a torrent of tears streamed down my cheeks. I finally understood and I smiled…to the thing.

ps : je vous mets aussi un lien vers les sites libraires où vous pourrez vous procurer l’oeuvre si jamais celle-ci vous intéresse : https://www.placedeslibraires.fr/livre/9791022788212-peur-primale-et-autres-recits-lancelot-cannissie/

Promotion e-books

Bonjour à toutes et à tous !

Aujourd’hui, j’ai lancé une promotion pour mes e-books  » Peur primale et autres récits  » ainsi que  » L’île du bout du monde et autres univers « 

Vous pourrez désormais trouver ces deux recueils de nouvelles pour 1,99 euros seulement, et cela jusqu’au 1er juin.

Les livres en question sont disponibles sur Kindle, Kobo, et tout autre site commercialisant des e-books.

Alors si vous vous laissez tenter, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire ; je les lirai bien entendu avec grand plaisir.

simplement pro – un must pour tout auteur désireux de se faire connaître

Bonjour à toutes et à tous ; chères blogueuses et blogueurs, lectrices et lecteurs.

Il y a de cela un an, j’ai découvert la plateforme de service de presse Simplement Pro. Il s’agit d’un site qui vous permet de mettre en avant, en tant qu’auteur, vos œuvres, mais également de vous inscrire comme chroniqueur, blogueur ou bien encore BookTubeur.

Le site permet également d’affiner vos recherches selon vos genres de prédilections, et aussi de cibler celles et ceux qui seraient susceptibles de vous lire. Vous pouvez proposer à vos lecteurs le format que vous désirez, que ce soit un livre papier ou un e-book.

La majorité des chroniqueurs fournissent un travail sérieux et il est possible via des liens de les suivre sur tous les sites sur lesquels ils sont inscrits.

Si jamais vous souhaitiez découvrir leurs chroniques et avis, je ne peux que vous inviter à les découvrir ; je vous mets aussi un lien vers mon profile si cela vous dit d’y jeter un œil. Et qui sait peut-être vous laisserez vous tenter par une œuvre ou deux.

Il y a tant de livres à découvrir, alors allez-y et peut-être y trouverez-vous votre bonheur.

J’ai aussi entendu parler de Netgalley par une très bonne amie mais je n’en sais pas plus sur le sujet.

Et vous ? Connaissez-vous ? Qu’en pensez-vous ?

N’hésitez pas à commenter et à partager.

Je vous poste ici le lien vers ma page : https://simplement.pro/u/LancelotCns5930

En vous souhaitant d’agréables lectures

Lancelot Cannissié

Louve Alpha nous donne son avis sur  » Peur primale et autres récits « 

Bonjour,

Comment allez-vous aujourd’hui ?

Je reviens vers vous avec un nouveau partage de critique qui date de quelques mois.
Cette fois-ci c’est une sympathique personne connue sous le pseudo de Louve Alpha qui a eu la gentillesse d’accepter de découvrir l’univers d’un jeune auteur auto-édité avec la lecture de son ouvrage :  » Peur primale et autres récits « .

Vous pouvez découvrir la critique sur son blog que je vous partage bien entendu ici : https://surlesailesdunlivre.forumactif.com/t2276-peur-primale-et-autres-recits-de-lancelot-cannissie

Découvrez aussi bien entendu ses autres articles ; n’hésitez pas à la suivre, liker et commenter.

Sur ce, j’espère que son avis vous donnera également envie de me découvrir à votre tour,

je vous souhaite une agréable journée et vous dis à plus dans les commentaires.

Chronique sur L’île du bout du monde et autres univers par Estelle Calmet

Chères lectrices et lecteurs,
Bonjour

Récemment une amie a lu une de mes nouvelles intitulée L’île du bout du monde et autres univers, et en a fait une jolie chronique.

Pour rappel, l’œuvre se compose de quatre nouvelles de Sci-fi horrifiques à la La manière d’un Lovecraft où des monstres venus d’ailleurs menacent le monde.

J’ai trouvé sa critique très juste car Estelle n’hésite pas à mettre le doigt sur les petits défauts qu’elle a pu rencontrer sans pour autant porter préjudice à l’auteur. Elle recommande d’ailleurs vivement la découverte de l’œuvre, et je souhaite qu’elle saura vous donner l’envie de découvrir un jeune auteur auto-édité au travers de son ressenti.

Je vous mets ici le lien vers son blog et l’article en question : http://elfebouquine.over-blog.com/2021/05/l-ile-du-bout-du-monde-et-autres-univers-lancelot-cannissie.html

En vous souhaitant une bonne lecture et qui sait, peut-être que vous vous laisserez séduire tout comme elle a été séduite.

Pour plus de questions, je reste bien évidemment à votre disposition, et vous répondrai dans les meilleurs délais.