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Dans l’abîme du temps – H.P Lovecraft

Après vingt-deux ans de cauchemar et d’effroi, soutenu par la seule conviction que certaines de mes impressions sont purement imaginaires, je me refuse à garantir la véracité de ce que je crois avoir découvert en Australie-Occidentale dans la nuit du 17 au 18 juillet 1935. J’ai de fortes raisons d’espérer que mon aventure appartient au domaine de l’hallucination. Néanmoins, elle fut empreinte d’un réalisme si hideux que, parfois, tout espoir me paraît impossible.

Voilà quelques lignes qui résument parfaitement l’histoire derrière l’abîme du temps, où rêve et réalité, passé et futur semblent se chevaucher de manière déroutante. On y suis le personnage de Nathaniel qui pendant une longue période d’amnésie, se voit endosser le rôle d’un curieux personnage venu d’un âge lointain entre ici et ailleurs. Les étranges visions auxquelles il est soumis dérouteraient plus d’un et cela à juste titre.

Le détail des scènes, les architectures, les lieux sont d’un réalisme pour moi déconcertant. On pourrait presque penser que l’auteur relate ici des faits d’une troublante véracité, au point de se demander où se situe la limite avec la fiction.

J’ai vraiment adoré lire cette nouvelle qui m’a fait voyager aux confins de l’horreur dont Lovecraft sait se jouer avec brio. Je ne peux que vivement le conseiller pour tous ceux qui aiment le genre.

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Blue skies ahead – prologue

Here is the prologue of my new story that I translated into English

Read as the protagonists are trying to escape their collapsing world, ready or not to meet their fate.

Here comes the prologue :

As they are running, the forest tightens the noose a little more. It is ready to swallow them all up. Cèdre, the fastest, outruns Jasmin and Azalée who can barely keep up with him. Suddenly, he trips over some roots and gets trapped. He is now struggling, swearing, and starts panicking; he does not want to be eaten alive by the rebellious vegetation. Jasmin and Azalée try to set him free but they are not strong enough to get rid of the roots. Plus, after running so fast, they really lack breath and energy. If only Jasmin did not drop his little knife, he would be able to cut right through those bloody roots. Now all he can do is count on his own strength and his hands to get his friend out of this. So he is pulling with all his might. Azalée tries to help as best as she can.

“Just leave me,” cries Cèdre. “Or they will get you too.”

“Are you out of your mind?!” replies Jasmin. “No way I’m abandoning you!”

“He’s right;” intervenes Azalée.

“You really wanna take the risk to get caught with me?!”

“So be it!” responds Jasmin. “The three of us till the end. C’mon Azalée, one more effort!”

Finally, the roots break. Once Cèdre is freed, they hurry and set off again. The trees around are trying to seize them with their branches. They are coming dangerously closer and closer. The whole forest is moving. And soon the thick foliage cannot even filter light anymore, and the darkness falls.

Their rampant runaway is becoming so clumsy and they have to really watch out their steps to not trip. Forgetting the pain of the effort and the running out of breath, they get faster, again and again, drawing from their reserves. It is just out of the question that they end up imprisoned by those damned woods.

Jasmin feels like he is about to give in. He understands that his world is falling apart, collapsing. This world he created with the help of his friends is now going to ruin. All this really aggrieves him. He hopes for a miracle but he is afraid that it might be too late for things to take another turn. The forest has almost gulped everything and soon all that will remain is the land stretching afar. Nevertheless, he does not have time for feeling sorry.

“Hurry up!” shouts Azalée to motivate him.

“I’m doing my best. I feel a cramp.”

“Speed up or we’re doomed!” adds Cèdre.

“I know! But I’ve never been used to running so fast and so long. Plus I cannot even get my breath because of that goddam forest.”

“Come on, just a little effort” Azalée encourages him. “I can see a glim right in front of us. We’re almost there.”

In their flight, they do not notice the one spying on them.

Indeed, it is with the greatest amusement that Lys is observing the situation. A smile draws on her face. She is enjoying it. He has refused to follow the rules, he must now pay the price. She is not surprised, to say the least. After all, he is as human as the others. Changing things without changing himself, he should have known it is impossible. How could he think he could get over with his negative emotions? How dumb it was to believe such a thing. They could not abide by those rules because, as one should know, it is meant to be a total failure and Lys has always known it; for if she has the capacity to restrain her emotions and remain completely neutral before all kind of situations, it is another story for the mortals like Jasmin and he is now living the biggest lesson of his life. The hatred he has always feared became the thing that is devouring everything around it.

Lys takes a last look at those three unfortunates, smiles amusedly and disappears behind a screen of white smoke.

Running from an entire world, being pursued by a devouring hate. Why? Jasmin asks himself. Why? How come it all ends like that?

And then as they are trying to escape the hostile woods, the past catches up with them. The past of lost childhoods. Twenty years ago. When it all started.

Quand reviendra le ciel bleu – prologue

Bonjour à toutes et à tous

Je vous présente aujourd’hui le prologue de ma nouvelle histoire  » Quand reviendra le ciel bleu  »

Dans ce passage j’introduis mes personnages alors qu’ils tentent d’échapper à une forêt vivante qui s’apprête à tout dévorer autour d’elle. Jasmin, Cèdre et Azalée courent afin de se dérober à un terrible destin, regardant alors qu’ils s’enfuient leur monde sombrer dans les ténèbres.

Le prologue introduit ensuite l’histoire 20 ans plus tôt quand nos héros subiront de terribles évènements qui les conduiront petit à petit à cette fatalité.

Voici le prologue :

Au fur et à mesure qu’ils courent, la forêt resserre de plus en plus son étreinte. Elle est prête à les engloutir. Cèdre, le plus rapide, est loin devant Jasmin et Azalée qui essayent tant bien que mal de suivre son rythme. Soudain, il tombe la tête la première dans un enchevêtrement de racines et s’en retrouve pris au piège. Il se débat, jure, puis commence à paniquer ; il ne veut pas finir dévoré par la végétation rebelle. Jasmin et Azalée le rejoignent et tentent de l’en libérer mais contre les racines leurs forces sont amoindries. En outre, après une telle course, ils commencent à manquer de souffle et d’énergie. Si seulement Jasmin n’avait pas laissé tomber son coutelas, il pourrait facilement couper ces satanées racines. Il ne peut compter désormais que sur ses mains pour sortir son ami de là, alors il tire de toute ses forces. Azalée aide du mieux qu’elle peut.

« Laissez-moi ! crie Cèdre. Partez sinon elles vous auront aussi.

— Tu es fou ! réplique Jasmin. Hors de question qu’on te laisse à sa merci !

— Il a raison, ajoute Azalée.

— Vous voulez risquer de vous faire prendre ?!

— S’il le faut ! répond Jasmin. On est à trois jusqu’au bout. Allez Azalée, encore un effort ! »

Les racines finissent par céder. Une fois Cèdre libéré de ses chaînes végétales, ils s’empressent de repartir. Autour d’eux les arbres essayent de les saisir. Ils se rapprochent dangereusement. C’est bientôt la forêt toute entière qui est en mouvement. Et avec les arbres de plus en plus proches, la lumière ne filtre plus au travers des feuillages, laissant les ténèbres s’installer peu à peu.

Leur course effrénée devient des plus maladroites ; ils doivent faire preuve d’encore plus de prudence pour ne pas trébucher. Oubliant la douleur de l’effort et le manque de souffle, ils accélèrent, encore, toujours, puisant dans leurs dernières réserves. Hors de question de finir prisonniers de ces maudits bois.

Jasmin sent qu’il commence à craquer. Il comprend que son monde est en train de s’écrouler. Ce monde qu’il a créé avec l’aide de ses amis est en train de tomber en ruine. Cela le met en rage. Il aimerait garder espoir mais il craint qu’il ne soit trop tard pour que les choses s’améliorent comme par miracle. La forêt a quasiment tout englouti et il ne restera bientôt plus que la lande qui s’étend au loin devant eux. Cependant, il n’a pas le temps ni le loisir de s’apitoyer sur son sort.

« Dépêche-toi ! lui hurle Azalée.

— Je fais ce que je peux. Je commence à avoir une crampe.

— Si tu n’accélères pas nous sommes fichus ! ajoute Cèdre.

— Je le sais ! Mais je n’ai jamais eu l’habitude de courir autant, et surtout aussi vite. Et puis cette foutue forêt ne me laisse même pas reprendre mon souffle.

— Allez, encore un effort, l’encourage Azalée. Je peux apercevoir de la lueur à quelques mètres devant nous. Nous y sommes presque. »

Ils sont tellement préoccupés par leur fuite qu’ils ignorent être épiés.

En effet, c’est avec grand amusement que Lys observe la situation. Un sourire se dessine sur son visage. Elle se délecte. Il a refusé de se conformer aux règles, il doit maintenant en payer le prix. Cela ne l’étonne pas outre mesure. Après tout il est humain comme les autres. Se promettre de changer les choses sans pouvoir changer soi-même, il aurait dû prévoir que cela est impossible. Comment a-t-il pu croire qu’il serait capable de s’affranchir de toute émotion négative ? Comment ont-ils pu être tous assez bêtes pour croire une telle chose ? Une règle impossible à respecter car comme vous vous en douterez, cela ne pouvait se solder que par un échec et Lys l’a toujours su. Car si elle a la faculté de réprimer toute émotion et faire preuve d’une extrême neutralité face à toutes les situations possibles et imaginables, il en va tout autrement pour des mortels comme Jasmin et il vit désormais la plus grande des leçons. La haine qu’il n’a cessé de craindre a fini par prendre forme et dévore tout ce qui se trouve autour d’elle.

Un dernier sourire amusé, un dernier regard vers les trois infortunés, et Lys disparaît derrière un épais écran de fumée blanche.

Fuir tout un monde, être poursuivis par une haine dévorante. Pourquoi se demande Jasmin ? Pourquoi ? Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Alors que lui et ses amis s’enfoncent toujours plus loin dans la forêt hostile, le passé se rappelle à sa mémoire. Celui du temps des enfances perdues. Il y a vingt ans. Quand tout a commencé.

 

 

 

 

 

 

Regrets

Regarder derrière soi, trébucher. Se flageller avec les vices du passé et alimenter son propre bûcher.
Regrets, amertume. Fléchir sous le poids du temps qui nous consume.
Oublier de vivre l’instant présent. Enchaîner par les blessures que l’on ressent.
Creuser son trou et s’y morfondre.
S’empêcher de hurler.
Tenter en vain de recoudre les blessures profondes.
Un fardeau porté sur de frêles épaules.
Essayer de marcher, distancé par l’avenir.
Un sac empli d’idées folles
Et la buée des larmes ne laisse rien voir venir. Se raccrocher à un souvenir.
Un instant heureux perdu dans le flou.
Dépression qui te rend borgne.
Vouloir s’y trouver quitte à crier au loup.
Se foutre en rogne.
Taper de frustration.
Chercher une excellente raison.
Puis voir la main qui se tend.
Se laisser prendre et trouver son chemin.
Les potes et la famille.
Retrouver ces instants de bonheur
Même dans une glace vanille.
Et se pardonner les tords jadis.
Ne pas se laisser retenir par les vices.

Leaving

I wish I could leave for new horizons. Walk till the sun sets on my bare skin. See better places I could fit in. Do I need a reason?
Just want to get away as far as possible.
Actually I want to find my home.
Something I can call my own.
But where to go? That I don’t know
Seems like I cannot make up my mind.
Nothing good can be found.
Lost my marks when losing you
Lost tracks that led to happiness.
I wish I knew
Now I feel I’m less
Of the man I used to be.
But I’ve no regret. I can’t.
Those words I put them down.
Can’t say anything;
For my tongue would itch like a thousand ants.
I know that all we get is ephemeral.
We live, we die, and lose it all.
Too much to say, too much to think about.
Need to be shown the route.
Sins made me turn.
I think I’m not on the right path.
Been to far and the sun burns
And I can feel the silhouette in the dark.
The voice that laughs.
I see blurred figures, reaching hands.
So I try to reach mine out.
To touch. What do I feel?
Maybe it’s hope.
The light in the blackness
it seems so real.
But I hardly trust.
Life is so deceiving.
I wanted you to know
So I write.
It’s like crying.
The pain, the joy.
Anything that keeps me alive.
And I’m still walking.
Now the sun boils.
Farewell and keep it live.

Partir

Partir, faire son sac. Ne plus jamais revenir, tout laisser en vrac.
Prendre le train, l’avion, le bateau. Voyager le plus loin possible. Accumuler les souvenirs, les photos.
Laisser les problèmes derrière, ne garder que le meilleur. Marcher jusqu’à faire taire les cris, les hurlements de douleur.
Rien ne me retient mais je ne bouge pas. J’attends toujours l’occasion, remettre à demain. Pour l’instant je tourne en rond, me perds dans mes pas.
Alors à défaut de pouvoir partir, je m’évade du mieux qu’je peux. Un livre, un monde, une escapade ; pouvoir choisir son lieu.
Devrais-je écrire ma propre histoire. Écrire sur les réminiscences de ma mémoire.
Fuir la triste réalité. Dans ce chaos je me suis retrouvé alité.
Des regrets, des peines. Au loin j’entends les sirènes. Les crimes de la vie me laissent un goût amer. Je ne compte plus que sur les amis, la famille. Ils sont là quand je me perds.
Peut être est-ce pour ça que je reste. L’espoir me fait lâcher du lest. J’avais le coeur lourd en écrivant ces mots. Au fur et à mesure, j’me rends compte que je n’suis qu’un homme. Welcome home.

J’écris

J’écris des mots, exprime mes maux. Jamais trop. impression de parler au mur. Je n’suis plus sûr. Vous jouez les sourds et moi… J’ai le cœur lourd. J’avance sans but, mes pas s’enfoncent dans le bitume, amertume j’ai perdu le goût de la lutte.
J’avais cette chance, une femme. J’ai juste laissé l’innocence s’immoler dans la flamme. Et je rêve toujours de caresses, de ses instants d’allégresse. J’ai peur de finir seul même après la vieillesse.
Parfois j’en ai les yeux rouges, comme ses soleils qui se couchent. Le temps passe et je me lasse. Si je meurs pas de maladie ce sera sûrement d’ennui.
J’ai beau entendre, encore faut-il comprendre. Mon sourire pourrait vous méprendre.
L’absence de larmes est mon arme. Dans l’amertume je rame.
Je tâte des mains, la recherche de meilleurs lendemains.
Alors j’écris. Je prie. Je crie.
La reconnaissance et l’argent. Je pense qu’il est temps de vivre aisément.

Le signal de Maxime Chattam

Résumé

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient….
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents…
Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite?
Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ? 

Analyse

Le signal de Maxime Chattam nous emmène à Mahingan Falls, une bourgade en bordure d’océan sur la côte Est des États-Unis où, comme vous l’indiquera le résumé de cet ouvrage, tout semble aller pour le mieux. 

Au fil des pages, on s’aperçoit vite que ce havre de paix est bien trop beau pour être vrai
Et les premières morts toutes aussi atroces les unes que les autres commencent à  chambouler le quotidien de la famille Spencer et de leur entourage. Durant tout le roman, on aime à suivre cette famille unie dans l’adversité face à une force incontrôlable qui les dépasse. On apprend à avoir peur avec eux, des peurs certes clichées comme l’appréhension de la mort et de l’inconnu mais des peurs qui restent bien efficaces et qui font effet. 

Sado que je suis, je me suis amusé à visualiser chaque scène horrible jusqu’à avoir la sensation que c’était mes os qui craquaient, pris au piège de cette puissance colossale et à réagir comme si je risquais de finir comme une grande partie de ces infortunés. Maxime Chattam avec cette œuvre ne nous ménage pas et ne nous laisse pas un instant de répits. J’ai également trouvé le pourquoi du comment fort intéressant et il fallait y penser. Que quelque chose dont on se sert au quotidien puisse devenir notre propre cauchemar voilà qui reste le plus terrifiant.

Conclusion 

J’ai adoré dévorer ce roman de près de 700 pages, d’angoisser et de souffrir avec les protagonistes comme si j’avais mis ma propre vie sur la table. J’ai aimé avoir peur, ressentir l’effroi et le dégoût. Maxime a su se servir de ce que nous utilisons tous au quotidien et tisser son cauchemar.