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Dans l’abîme du temps – H.P Lovecraft

Après vingt-deux ans de cauchemar et d’effroi, soutenu par la seule conviction que certaines de mes impressions sont purement imaginaires, je me refuse à garantir la véracité de ce que je crois avoir découvert en Australie-Occidentale dans la nuit du 17 au 18 juillet 1935. J’ai de fortes raisons d’espérer que mon aventure appartient au domaine de l’hallucination. Néanmoins, elle fut empreinte d’un réalisme si hideux que, parfois, tout espoir me paraît impossible.

Voilà quelques lignes qui résument parfaitement l’histoire derrière l’abîme du temps, où rêve et réalité, passé et futur semblent se chevaucher de manière déroutante. On y suis le personnage de Nathaniel qui pendant une longue période d’amnésie, se voit endosser le rôle d’un curieux personnage venu d’un âge lointain entre ici et ailleurs. Les étranges visions auxquelles il est soumis dérouteraient plus d’un et cela à juste titre.

Le détail des scènes, les architectures, les lieux sont d’un réalisme pour moi déconcertant. On pourrait presque penser que l’auteur relate ici des faits d’une troublante véracité, au point de se demander où se situe la limite avec la fiction.

J’ai vraiment adoré lire cette nouvelle qui m’a fait voyager aux confins de l’horreur dont Lovecraft sait se jouer avec brio. Je ne peux que vivement le conseiller pour tous ceux qui aiment le genre.

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Leaving

I wish I could leave for new horizons. Walk till the sun sets on my bare skin. See better places I could fit in. Do I need a reason?
Just want to get away as far as possible.
Actually I want to find my home.
Something I can call my own.
But where to go? That I don’t know
Seems like I cannot make up my mind.
Nothing good can be found.
Lost my marks when losing you
Lost tracks that led to happiness.
I wish I knew
Now I feel I’m less
Of the man I used to be.
But I’ve no regret. I can’t.
Those words I put them down.
Can’t say anything;
For my tongue would itch like a thousand ants.
I know that all we get is ephemeral.
We live, we die, and lose it all.
Too much to say, too much to think about.
Need to be shown the route.
Sins made me turn.
I think I’m not on the right path.
Been to far and the sun burns
And I can feel the silhouette in the dark.
The voice that laughs.
I see blurred figures, reaching hands.
So I try to reach mine out.
To touch. What do I feel?
Maybe it’s hope.
The light in the blackness
it seems so real.
But I hardly trust.
Life is so deceiving.
I wanted you to know
So I write.
It’s like crying.
The pain, the joy.
Anything that keeps me alive.
And I’m still walking.
Now the sun boils.
Farewell and keep it live.

Partir

Partir, faire son sac. Ne plus jamais revenir, tout laisser en vrac.
Prendre le train, l’avion, le bateau. Voyager le plus loin possible. Accumuler les souvenirs, les photos.
Laisser les problèmes derrière, ne garder que le meilleur. Marcher jusqu’à faire taire les cris, les hurlements de douleur.
Rien ne me retient mais je ne bouge pas. J’attends toujours l’occasion, remettre à demain. Pour l’instant je tourne en rond, me perds dans mes pas.
Alors à défaut de pouvoir partir, je m’évade du mieux qu’je peux. Un livre, un monde, une escapade ; pouvoir choisir son lieu.
Devrais-je écrire ma propre histoire. Écrire sur les réminiscences de ma mémoire.
Fuir la triste réalité. Dans ce chaos je me suis retrouvé alité.
Des regrets, des peines. Au loin j’entends les sirènes. Les crimes de la vie me laissent un goût amer. Je ne compte plus que sur les amis, la famille. Ils sont là quand je me perds.
Peut être est-ce pour ça que je reste. L’espoir me fait lâcher du lest. J’avais le coeur lourd en écrivant ces mots. Au fur et à mesure, j’me rends compte que je n’suis qu’un homme. Welcome home.

J’écris

J’écris des mots, exprime mes maux. Jamais trop. impression de parler au mur. Je n’suis plus sûr. Vous jouez les sourds et moi… J’ai le cœur lourd. J’avance sans but, mes pas s’enfoncent dans le bitume, amertume j’ai perdu le goût de la lutte.
J’avais cette chance, une femme. J’ai juste laissé l’innocence s’immoler dans la flamme. Et je rêve toujours de caresses, de ses instants d’allégresse. J’ai peur de finir seul même après la vieillesse.
Parfois j’en ai les yeux rouges, comme ses soleils qui se couchent. Le temps passe et je me lasse. Si je meurs pas de maladie ce sera sûrement d’ennui.
J’ai beau entendre, encore faut-il comprendre. Mon sourire pourrait vous méprendre.
L’absence de larmes est mon arme. Dans l’amertume je rame.
Je tâte des mains, la recherche de meilleurs lendemains.
Alors j’écris. Je prie. Je crie.
La reconnaissance et l’argent. Je pense qu’il est temps de vivre aisément.

Le signal de Maxime Chattam

Résumé

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient….
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents…
Comment le shérif dépassé va-t-il gérer cette situation inédite?
Ils ne le savent pas encore mais ça n’est que le début…

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ? 

Analyse

Le signal de Maxime Chattam nous emmène à Mahingan Falls, une bourgade en bordure d’océan sur la côte Est des États-Unis où, comme vous l’indiquera le résumé de cet ouvrage, tout semble aller pour le mieux. 

Au fil des pages, on s’aperçoit vite que ce havre de paix est bien trop beau pour être vrai
Et les premières morts toutes aussi atroces les unes que les autres commencent à  chambouler le quotidien de la famille Spencer et de leur entourage. Durant tout le roman, on aime à suivre cette famille unie dans l’adversité face à une force incontrôlable qui les dépasse. On apprend à avoir peur avec eux, des peurs certes clichées comme l’appréhension de la mort et de l’inconnu mais des peurs qui restent bien efficaces et qui font effet. 

Sado que je suis, je me suis amusé à visualiser chaque scène horrible jusqu’à avoir la sensation que c’était mes os qui craquaient, pris au piège de cette puissance colossale et à réagir comme si je risquais de finir comme une grande partie de ces infortunés. Maxime Chattam avec cette œuvre ne nous ménage pas et ne nous laisse pas un instant de répits. J’ai également trouvé le pourquoi du comment fort intéressant et il fallait y penser. Que quelque chose dont on se sert au quotidien puisse devenir notre propre cauchemar voilà qui reste le plus terrifiant.

Conclusion 

J’ai adoré dévorer ce roman de près de 700 pages, d’angoisser et de souffrir avec les protagonistes comme si j’avais mis ma propre vie sur la table. J’ai aimé avoir peur, ressentir l’effroi et le dégoût. Maxime a su se servir de ce que nous utilisons tous au quotidien et tisser son cauchemar. 

 

Night terrors

I could feel it. It was there and it was watching, analyzing me. Its look was piercing through the inmost of my soul aching with fear and anxiety. No sooner had I turned around that she silently vanished, carried away by the midnight wind. I went to the bathroom, splashed my face with water to get rid of all this sweat caused by the fear. That fear that something evil might happen to me when I was home alone.

This had happened every night since I had moved into that bloody house. What had gone through my head when I bought in that burg, so far from the rest of the world? Between the feeling of something looking over my shoulders, a silhouette hidden in the dark, and the objects that were disappearing, the atmosphere seemed really tense in this old house with its slamming windows, its creaking doors like these mansions in horror movies. Everything in this place gave me the creeps: the television that turned itself on, the electrical appliances that went haywire. And the room on the first floor. You could hear strange noises. The floor that was cracking as if someone was moving up there by night, for it was at night that I could hear these worrying sounds.

Each evening, I had this little ritual to check out the rooms one by one and lock them up. Despite this, the creaking, the cracking would not cease. And there was the closet too. If you listened carefully, you could hear its breathing. There was something within this damned place that made you paranoid.

Even though I was careful to lock the closet door, every morning I found it half opened. I was living with the constant fear that something might happen to me. Feeling this presence was scaring me. The thing that spied on you, hidden in the darkness and which would disappear every time you turned around.

Since I was working on my novel, I was seriously lacking sleep. Or perhaps it was all that alcohol and that drug that plunged me deep into a world of fantasy. But what fantasy? Because I had decided to write horror stories, I was now confronted by my own demons and a terror I would not have been able to hide dragged me into the whirls of madness in which, trapped, I found myself becoming crazy. Or then again, it was a reality that my Cartesian mind refused to accept. And why was I all alone in that horrible house? Did I not have any wife or child? As far as I could remember, and God knows that my memory has been failing me recently, it seemed to me that I knew the real thing with a wife named Jésabelle. And if I gather my memories once more, I also had a son whose name I cannot remember, unfortunately.

One night, at one o’clock in the morning, I thought I saw it. A creature which description was going far beyond words, one like you will see only in your worst nightmares. A creature that would scare the crap out of you and plunge you into a certain madness, madness which was slowly overtaking me. That was when the drama took place. Once, it was the evening, I was in the kitchen and I felt it right behind me. I was scared and my conscience was starting to sink into the infernal abyss, where reason did no longer exist. It was at this very moment that I took the knife. I plunged it into what I thought to be just a bad dream. Once. Twice. My nightmare seemed not to want to stop although I was striving to make it disappear with stabs. Then, at last, the horror made total sense, there under my eyes. Lying dead on the floor, my son and wife! I was looking at these motionless bodies in this pool of blood, appalled by the horrible act I had just committed. I became mad. It was the never stopping screams of a maniac that had alerted the neighborhood.

I was judged disturbed and was sent to Belle-rive hospital. There, I was locked away in one of these white rooms with padded walls, and with as a sole company my madness. The terrible thing I had done when killing the two people I most cherished in my life had ruined my appetite and I could barely eat anything.

Plus, I could not sleep anymore. Too scared of seeing it again, the thing lurking in my den of insanity and which was only waiting for one thing, to take my soul.

Nevertheless, a man could not stay without sleeping and after a few days, I finally succumbed to slumber. I found the creature, just as I had imagined. It was there, crouched down in a corner of the room, watching me with its bright red eyes. Then, it stood up and slowly started to walk towards me. I wanted to back off but, horror, I had reached the limit and with my back pressed against the wall I could only wait for my fate. I tried to chase the beast inside my head but too late, she was a few steps now from me. She put her chapped lips onto mine and from my eyes, a torrent of tears streamed down my cheeks. I finally understood and I smiled…to the thing.

Life

I ain’t giving in. Tough as it is I keep movin’. I know it’s hard to believe but in this wreck I feel relieved. Too much look back made me lost tracks for once but mistakes hardly come twice. Life can smell like dead rats and options are blind as bats.
Whatever you say, bro. There ain’t no gossip tween both of us. Don’t lose that bus. Don’t be late. Don’t put off fate.
Thinkin’ that booze is savin’ that ass. Missed the Sunday mass. Ain’t a prayer, more like a player. Gamble. Ramble. But in loss do you stay humble.
Ups and downs taught me a lot. In this shit we’re on the same boat. Can’t see the obvious. Time to get serious.
Is it night already? Gotta close my eyes. All this got me mesmerized.
Packin’ now for a new life. A wife? Some kids? My seeds.
The new home and the furniture. Movin’ on, embrace the future.
Got some good buddies. The pals and the ladies.
Made me time foolin’ around. But my feet are aware of that ground.
And my mind as it tried to witness the excellence. Tripped on my ignorance.
But I got back up. Who’s the savior? God? This was odd.
Anyway I ain’t losin’ on anybody nor on anything. I got what it takes now so bring it in.
Those words better stick. Or would you prefer a good kick?
C’mon I’m just jokin’! A last nice play.
A coffee table, an empty ashtray. Sign that all is ok.
Time to leave. Goodbye. See you. Pray for heavens for the day we die.

Craintes

Je joue sans feinte
Paranoïaque, proie de mes craintes. Lâché dans un monde que je m’efforce de comprendre, j’appréhende. Je suis las de ceux qui prétendent. Même pas de permis mais je vis, perpétuellement en regardant dans le rétro, comme tous ces jeux qui me consolent. J’écris pour évacuer, l’encre coule sur le papier là où les paroles ne sont plus assez.
J’ai bien quelques amis, sur les doigts de la main. La qualité me rend serein. Stresse pas. Attend t’es en détresse ça se voit. Manque de sobriété et cette folie qui hurle, jamais rassasiée. Déjà les veuch poivré par le temps et l’angoisse. Les jours passent et la mort attend que j’y trépasse.
Un froid m’assaille. Trop de failles. Parfois les larmes m’entaillent.
Je crois revenir de loin alors qu’il me reste de l’âge. Quand ai-je fait naufrage ? Un appel au secours. Une main de velours. Qui prendra le rôle ? D’entendre ces paroles. Je n’ai pas la punch line facile tu diras. Mais ceci fera bien l’affaire. De toute façon n’ai-je pas fini de me taire ? Alors écoute ou écrase. La vie a fait table rase et les fleurs se sont fanées dans ce vase.
Ce qui ne nous tue pas nous rend fort mais j’ai trop longtemps joué à faire le mort. Alors entre ces phrases, laisse-moi me sentir vivant. Et si tu crois que j’recule prend les devants.